Donald Trump vient de remettre une pièce dans l’engrenage infernal de l’économie de guerre, annonçant en grande pompe une expansion titanesque de la construction navale militaire. Sous couvert de « sécurité nationale », ce sont des milliards de dollars détournés—non pas vers les hôpitaux, les écoles ou la transition énergétique—mais vers les poches grasses du complexe militaro-industriel. Ce monde qu’on prétend défendre, on le noie chaque jour dans l’acier, le kérosène et le mensonge.
Construire des destroyers, c’est extraire des tonnes de métaux, brûler des océans de carburant, raser forêts et villages pour alimenter l’appétit vorace des chaînes d’approvisionnement militaires. C’est le sabotage climatique en uniforme. Chaque navire lancé est un coin planté dans le cœur du vivant. Pendant que les glaciers craquent et que les sols crament, l’industrie de guerre caracole sur les ruines, hurlant sa victoire au nom du « progrès ».
Cette militarisation massive ne vise pas la paix : elle sécurise l’accès aux ressources, écrase les peuples qui résistent, verrouille les routes du capital. Elle est l’arme de prédation d’un capitalisme en panique. Les actionnaires de Raytheon, Lockheed Martin et General Dynamics sablent le champagne—leurs profits s’envolent quand la planète s’écroule. Ce n’est pas une politique de défense, c’est une déclaration de guerre à la vie elle-même.
Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Le climat n’a pas besoin de porte-avions mais de justice. Chaque dollar injecté dans l’armée est un dollar détourné de l’adaptation climatique, de l’agriculture durable, de la souveraineté énergétique. Et dans ce cirque morbide, les gouvernements alliés ne bronchent pas. Silence complice. L’OTAN applaudit, l’Europe détourne le regard, le Canada hausse les épaules. La fin du monde est sponsorisée par Boeing et cautionnée par nos institutions.
Il est temps de souffler sur les braises d’un nouvel internationalisme—écologiste, antimilitariste, populaire. Nos luttes doivent traverser les frontières comme les vents des tempêtes qu’on nous impose. On ne séparera pas la paix de la planète. De Chiapas à Gaza, des forêts de l’Amazone aux docks d’Hawaii, nous érigerons des barrages humains contre cette économie de mort. Contre leurs navires de guerre, notre flot invisible.





