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Parc des Laurentides : un joyau à vendre ?

Jean Tremblay, ex-maire de Saguenay connu pour ses prières municipales et son style autoritaire, veut maintenant « développer » le parc des Laurentides. Derrière ce langage aseptisé se cache toujours la même logique: transformer un bien commun en marchandise touristique. Développer pour qui, exactement? Pour les communautés locales qui vivent déjà en harmonie avec ce territoire? Ou pour les promoteurs immobiliers, les chaînes hôtelières et les investisseurs qui voient dans chaque lac et chaque sentier une opportunité de profit? Quand on parle de « joyau à développer », on devrait plutôt lire: « patrimoine naturel à privatiser ».

Le parc des Laurentides abrite une biodiversité fragile, des écosystèmes boréaux essentiels et des corridors de migration pour le caribou forestier, une espèce en péril. Chaque route pavée, chaque infrastructure touristique, chaque projet de villégiature grignote cet équilibre précaire. Pendant que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur l’effondrement du vivant, des anciennes figures politiques rêvent encore de transformer la nature en parc d’attractions. C’est un hold-up sur le territoire, déguisé en développement économique.

Parlons aussi des travailleurs et travailleuses qui gravitent autour de ces projets. Le tourisme saisonnier génère des emplois précaires, sous-payés, sans protection syndicale. Les communautés locales, elles, se retrouvent souvent exclues des bénéfices réels, pendant que les prix de l’immobilier explosent et que l’accès public aux sentiers se réduit au profit de zones « premium ». Ce modèle de développement enrichit une minorité et appauvrit le territoire collectif. C’est la gentrification appliquée à la forêt.

La transition écologique dont on parle tant ne passera jamais par la bétonisation des espaces protégés. Elle exige au contraire qu’on repense notre rapport au territoire: protéger, restaurer, respecter. Le parc des Laurentides ne doit pas devenir une vitrine pour touristes en quête d’authenticité Instagram. Il doit rester un espace vivant, accessible à toustes, géré selon des principes de conservation et de justice environnementale. Les peuples autochtones, dont les savoirs écologiques sont ignorés depuis trop longtemps, doivent être au cœur de toute décision concernant ce territoire.

Tremblay et ceux qui partagent sa vision doivent comprendre: nos forêts ne sont pas à vendre. Nos lacs ne sont pas des actifs à valoriser. La nature n’est pas un produit. Si on veut vraiment honorer ce « joyau », on le protège, on en garantit l’accès collectif, on le retire du marché. Parce que développer la nature, c’est souvent un euphémisme pour la détruire. Et ça, on n’en veut plus.

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