Alors qu’à Belém, les peuples indigènes, les jeunes, les délégués du Sud global crient leur rage contre l’inaction climatique, Ottawa et Edmonton signent un pacte qui sent le pétrole brut. Un nouvel oléoduc est sur le point de naître — un monstre d’acier et de mensonges, drapé dans le langage creux de la « transition énergétique ». Derrière les portes closes, Trudeau et Danielle Smith dansent la valse toxique du capital extractif, prétendant verdir le mépris. Voilà la carte postale « verte » envoyée depuis le Canada à la COP30 : un pipeline, emballé dans du greenwashing.
Il faut voir la lucidité des jeunes qui occupaient hier encore les bureaux de députés à Montréal et Calgary, brandissant des pancartes : « Vous signez notre mort à huis clos ». Ces générations que les puissants ignorent voient ce que les gouvernements camouflent. Malgré les promesses d’atteindre zéro émission nette, malgré les annonces sur les énergies renouvelables, le cœur du pouvoir bat toujours au rythme des profits pétroliers. Colonialisme, encore. Extractivisme, toujours. L’écocide continue, structuré comme un business plan, financé par la complicité fédérale-provinciale.
Le discours officiel ? Un pipeline « pour alimenter la transition » et « sécuriser notre économie ». Hypocrisie profonde : plus de pétrole, c’est plus de feux, de sécheresses, de territoires sacrifiés. Le pipeline traverse non seulement les terres, mais les droits, les engagements, les serments meurtris envers les Premières Nations. Ce n’est pas une transition, c’est une perpétuation. Un pacte du feu signé avec le diable des combustibles fossiles. Trudeau, jadis selfie-friendly écolo, devient chaque jour un peu plus PDG d’un État pétrolier.
Des voix montent. À Waskaganish, des Aînés dénoncent une nouvelle ère de dépossession rampante. À l’UQAM, des tables rondes s’organisent pour une vraie transition populaire. Partout, des slogans fusent comme des flèches : « Pas de climat sans justice », « Le pétrole tue, le capital ment ». Dans cette trahison officielle, un autre pacte se renforce en souterrain : celui des mouvements radicaux, intersectionnels, ancrés dans la terre et la vie. Le changement viendra de ceux qu’ils n’invitent pas aux sommets.
Nous devons hurler plus fort que leurs pipelines bruissent. Le Canada ne peut plus prétendre être un leader climatique tout en finançant l’extinction. Il est temps de briser cette alliance mortifère entre État et industrie. D’exiger l’arrêt immédiat de tout nouveau projet fossile. De bâtir un avenir où les décisions se prennent avec les communautés, pas contre elles. Parce qu’il n’y aura pas de demain vivable sur une planète ravagée par le mensonge. Le feu est là. Saurons-nous danser avec la révolte plutôt que brûler dans le silence ?





