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Pipeline Canada et trahison verte selon Camille

La démission de Steven Guilbeault cingle comme une claque au visage d’un gouvernement qui se targuait d’être vert. Un ancien militant devenu ministre, qui finit par claquer la porte au nom de la conscience climatique. Mais à quoi bon cette sortie théâtrale si le pétrole continue de couler, plus fort que jamais? Tenter de sauver la face, quand le fond est pourri. Ce départ n’est pas une victoire. C’est le dernier souffle d’illusion d’un système enlisé jusqu’au cou dans le bitume.

L’accord scellé entre Ottawa et l’Alberta pour un nouvel oléoduc est une gifle infligée à toutes celles et ceux qui luttent depuis des années contre l’hégémonie extractiviste. Derrière les discours lisses et les promesses de transition, Trudeau livre le pays aux barons du pétrole. Le pipeline devient ici l’emblème d’un État colonisé, non pas par un empire étranger, mais par les lobbies fossiles qui dictent l’agenda politique, loin des urnes, loin du peuple.

La jeunesse qui défile dans les rues, les communautés autochtones qui bloquent les routes, les grévistes pour le climat : tous voient clair dans le jeu. Ce n’est pas un simple projet d’infrastructure. C’est une négation brutale de leur futur. Les terres violées, les eaux souillées, les voix muselées : ce pipeline est une ligne de fracture entre deux visions du monde. Au bout de ce tuyau, ce n’est pas juste du pétrole. C’est le silence imposé à ceux qui n’ont jamais été invités à la table.

Le Canada joue les saints climatiques sur la scène internationale, brandissant ses objectifs carbone comme des trophées creux. Pendant ce temps, sur son propre territoire, il signe des pactes avec le diable fossile et freine l’essor des énergies renouvelables par inertie bureaucratique et complicité politique. Les fameuses « solutions de rechange » n’existent que dans les dossiers de presse. Pour l’instant, c’est le statu quo qui règne : tuer la planète pour sauvegarder la croissance.

Assez des mascarades. Il est temps de brûler les illusions, pas le pétrole. Ce gouvernement n’écoute plus : il faut le faire trembler. La seule issue? Une mobilisation populaire radicale et inventive. Des blocages, des occupations, des mots qui cognent et des corps qui résistent. Ce pays-là ne changera pas par diplôme, mais par désobéissance. Les générations futures n’hériteront ni d’un pipeline ni d’un compte rendu parlementaire — elles hériteront du monde qu’on reconquiert aujourd’hui.

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