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Saisie pétrolier Venezuela : l’arrogance pétro-impériale

Un pétrolier saisi au large du Venezuela. Un ex-président qui jubile. Et derrière ce coup de force, l’odeur rance du pétrole continue à étouffer le futur. Ce geste, présenté comme une victoire de légalité, pue l’arrogance impériale et la soif néocoloniale. Le pétrole devenu trophée. Les mers comme théâtre de domination. Voilà l’Amérique de Trump — une Amérique qui sort les crocs dès qu’un pays du Sud tente de garder son or noir sans passer à la caisse yankee.

On est en 2025. La planète brûle littéralement. Les mégafeux dévorent les forêts, des îles entières luttent contre les vagues. Et pourtant, les grandes puissances continuent leur danse macabre autour de l’extraction. Prendre, forer, imposer. Le pétrole n’a jamais été qu’un carburant : c’est une promesse de contrôle, un outil de soumission. La saisie de ce pétrolier, sous prétexte de sanctions, n’est qu’un épisode de plus dans la série de violences climatiques infligées aux peuples du Sud au nom des profits du Nord.

Trump n’invente rien. Il recycle. L’“America First!” devient “Oil First!” — pour les lobbies, pour les actionnaires, pour une machine économique qui dévore les êtres vivants et les écosystèmes avec la même indifférence. Ce populisme pétrolier maquille le pillage sous des drapeaux et des tweets. Mais ne soyons pas dupes : derrière chaque baril volé se cache une communauté déplacée, une rivière empoisonnée, un avenir volé aux plus jeunes d’entre nous.

Heureusement, la résistance prend racine partout. À Maracaibo comme à Standing Rock, dans les ZAD comme dans les occupations étudiantes, des mains se lèvent, des corps se mettent en travers des pipelines. Ils et elles disent : pas de justice climatique sans justice sociale. Pas de transition sans démocratie énergétique. Ces voix, qu’on préfère ignorer dans les beaux salons du pouvoir, ont mille fois plus d’humanité que tous les contrats pétroliers signés dans le sang et la corruption.

Ce que nous montre cette nouvelle saisie, c’est que l’écologie n’est pas neutre. Elle est profondément politique, profondément anticoloniale. Dénoncer l’extractivisme, c’est exposer les racines pourries d’un capitalisme cannibale. C’est refuser que les empires continuent à piller pendant que le Sud meurt. Tant que la logique de domination primera sur celle de la réparation, aucune COP, aucun traité, aucun sommet ne nous sauvera. Il nous faut tout changer — système, pouvoir, rapports entre peuples — ou accepter de couler ensemble dans les marées noires de l’histoire.

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