La guerre commerciale que Donald Trump mène à coup de tarifs arbitraires n’est pas un jeu de poker entre chefs d’État. C’est une machine à broyer les travailleuses et travailleurs, les PME et les ménages précaires qui paient cash les caprices protectionnistes d’un milliardaire déconnecté. Pendant que les politiciens négocient en costume-cravate, ce sont les chaînes d’approvisionnement qui explosent, les prix qui flambent dans les épiceries, et les sous-traitants qui mettent la clé sous la porte. Le libre-échange qu’on nous a vendu comme bouclier contre la crise protège surtout une chose: les profits des grandes corporations qui délocalisent à leur guise sans jamais payer la facture sociale.
Au Canada, la dépendance structurelle au marché américain nous transforme en otages économiques. Trois quarts de nos exportations traversent la frontière sud, et chaque coup de tweet de Trump fait trembler des milliers d’emplois. Les PME manufacturières, coincées entre la hausse des coûts d’importation et l’impossibilité de répercuter ces hausses sur leurs clients, voient leurs marges fondre comme neige au soleil. Résultat: licenciements, fermetures, précarité galopante. Pendant ce temps, Ottawa répond avec des mesures « mesurées », une riposte symbolique qui refuse d’affronter la brutalité du rapport de force et qui laisse les travailleuses et travailleurs seuls face à la tempête.
Ce ne sont pas les élites politiques qui pâtissent de cette guerre commerciale, mais bien les caissières qui voient le prix du lait grimper, les mécaniciens dont l’atelier ferme faute de pièces abordables, les familles monoparentales qui doivent choisir entre le loyer et l’épicerie. Les tarifs trumpiens frappent d’abord celles et ceux qui n’ont aucun coussin financier, aucun lobby à Ottawa, aucune marge de manœuvre. C’est la logique perverse d’un système où le capital circule librement, mais où les risques et les pertes sont socialisés sur le dos des plus vulnérables. Le libre-échange a toujours été une arnaque: il protège les investisseurs, jamais les emplois.
Face à cette offensive, une réponse timide ne suffit pas. Il faut une riposte social-démocrate radicale: soutien direct au revenu pour les ménages frappés par l’inflation tarifaire, protection massive de l’emploi par des programmes publics de transition, relocalisation de la production dans des secteurs stratégiques comme l’alimentation et l’énergie. Il faut aussi conditionner toute aide publique aux entreprises à des garanties d’emploi, de salaires décents et de respect environnemental. Pas un dollar de fonds publics sans contrepartie sociale. C’est le minimum syndical si on veut éviter que cette crise commerciale ne devienne une catastrophe humanitaire pour la classe ouvrière.
Trump joue au cow-boy avec l’économie mondiale, mais ce sont nos communautés qui saignent. Il est temps d’arrêter de négocier en position de faiblesse et de bâtir une souveraineté économique populaire, ancrée dans la solidarité et la justice sociale. Sinon, chaque coup de poing protectionniste de Washington continuera de fracasser des vies ici, au nord de la frontière. Et ça, ce n’est pas une fatalité: c’est un choix politique qu’on peut renverser.





