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Racines rebelles : le système est la crise

Ils repeignent les vitrines pendant que tout brûle derrière. Ironie morbide d’un monde où l’on décore les ruines au lieu de les reconstruire. Les loyers crèvent le plafond, les urgences débordent, les frigos se vident — et que répond le système ? Des discours rassurants sur la croissance, des blindés dans les rues, des médailles infâmantes de « paix » offertes à ceux qui sèment la guerre. Oui, Trump. Prix de la paix. Le grotesque n’est plus un accident, c’est le programme.

On nous vend la sécurité comme un produit de luxe, pendant que nos voisin·es dorment dans le froid et que les femmes trans meurent dans l’indifférence. On militarise les quartiers à la place de rénover les logements. On criminalise les jeunes au lieu de leur offrir un avenir. L’État punit la misère et subventionne les millionnaires. Tout est fait pour maintenir un ordre injuste où les façades brillent mais les fondations pourrissent. Le capitalisme ne répare pas, il maquille.

À ceux qui cherchent une explication simple à nos crises, disons la vérité nue : ce système n’est pas en crise, il est la crise. La pénurie de logements, l’effondrement des services, l’inflation qui étrangle les précaires — ce ne sont pas des anomalies. Ce sont les effets exacts d’un modèle qui privilégie le profit à chaque carrefour de nos vies. Qui laisse les villes aux promoteurs, les écoles aux statistiques, les hôpitaux aux algorithmes. L’indécence est structurelle.

Ce n’est pas avec quelques réformes vitrines qu’on réparera ce monde. Ce qu’il nous faut, c’est une réinvention radicale, depuis la base. Des coopératives de logement autogérées. Des assemblées populaires de quartier. Des cliniques communautaires enracinées dans nos luttes. On ne veut plus être des locataires d’un système qui nous exproprie de notre humanité. Il est temps de replanter nos racines, là où l’entraide prend racine et où les vitrines tombent.

Exiger moins de vitrines, c’est réclamer davantage de dignité. C’est refuser les illusions que vendent les puissants et construire, en bas, entre nous, autre chose. Une société où la paix ne serait pas un prix donné aux pires, mais une condition vivante, partagée. Il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de justice sans rupture. Et la rupture commence là où les discours s’arrêtent : dans nos rues, dans nos corps, dans nos actes. Reprenons racine. Ensemble.

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