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Guerre en Iran : le prix obscène des frappes américaines

Les Apache tombent comme des mouches, les drones de reconnaissance se transforment en torches dans le ciel persan, et les avions de chasse — ces symboles rutilants de la puissance impériale — s’écrasent un à un sous les missiles iraniens. Pendant que Wall Street applaudit un prétendu « répit » diplomatique et que les cours du pétrole se stabilisent, la réalité du terrain hurle une tout autre vérité : l’escalade militaire entre Washington et Téhéran saigne les corps, vide les coffres publics et nourrit une machine de guerre qui enrichit les marchands d’armes pendant que les contribuables américains — et nous tous — payons la facture. Chaque hélicoptère abattu, c’est 35 millions de dollars en fumée. Chaque drone Reaper détruit, 16 millions évaporés. Et derrière ces chiffres froids, des familles brisées, des soldats sacrifiés sur l’autel d’une géopolitique absurde.

Ce qui se joue dans le Golfe persique n’est pas une simple « tension régionale » qu’on peut effacer d’un trait de plume diplomatique lors d’un sommet entre hommes en cravate. C’est la continuation logique de décennies de sanctions économiques assassines, de rivalités pour le contrôle des ressources fossiles, et d’une course aux armements que personne ne semble vouloir freiner. Les États-Unis multiplient les frappes préventives, l’Iran répond avec une défense antiaérienne de plus en plus redoutable, et pendant ce temps, les populations civiles — iraniennes, irakiennes, yéménites — vivent sous la menace permanente d’une conflagration totale. « On assiste à une escalade par procuration qui pourrait embraser toute la région », m’a confié un analyste d’Amnistie internationale sous couvert d’anonymat. « Et personne au pouvoir ne semble prêt à appuyer sur le frein. »

Le discours officiel parle de « sécurité nationale », de « protection des intérêts américains », de « dissuasion nécessaire ». Mais creusons un instant : qui profite vraiment de cette guerre qui n’en finit pas de ne pas éclater totalement, mais qui dévore déjà tant ? Les géants de l’armement comme Lockheed Martin et Boeing voient leurs actions grimper à chaque annonce de nouveaux contrats militaires. Les pétrolières s’engraissent sur la volatilité des prix. Pendant ce temps, aux États-Unis même, les programmes sociaux sont amputés, les infrastructures s’effritent, et la dette publique explose. Chaque missile tiré, c’est un hôpital qu’on ne construit pas, une école qu’on ferme, un programme de logement social qu’on abandonne. La guerre coûte cher, partout, sauf à ceux qui la vendent.

Et n’oublions pas que cette architecture de violence s’inscrit dans un système plus vaste. De l’Ukraine à Taïwan, de la Syrie au Soudan, l’ordre international repose désormais sur une logique de confrontation permanente où les grandes puissances testent leurs limites respectives en sacrifiant des pions humains. Les analystes militaires évoquent « l’apprentissage tactique » que permettent ces affrontements limités — comme si la vie des pilotes abattus, des civils iraniennes écrasées sous les bombardements, n’était qu’une variable d’ajustement dans leurs modèles stratégiques. Face à l’urgence climatique qui exige une coopération mondiale sans précédent, nous continuons de dilapider nos ressources collectives dans des guerres fossiles, littéralement et figurativement.

Alors oui, peut-être que demain un accord sera signé, que les diplomates se serreront la main devant les caméras, que les marchés pousseront un soupir de soulagement. Mais ne nous y trompons pas : tant que la logique impérialiste, extractiviste et militariste dictera l’agenda mondial, ces « répit » ne seront que des pauses avant la prochaine escalade. « La paix ne viendra pas des mêmes qui profitent de la guerre », me rappelait récemment une militante du mouvement Code Pink lors d’une manifestation à Washington. Il est temps d’exiger un désarmement réel, une redistribution massive des budgets militaires vers la justice sociale et climatique, et la fin de cette folie meurtrière. Car chaque appareil qui s’écrase, c’est notre futur collectif qui brûle avec lui.

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